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"Bleus de Chine" de Pierre Filmon (BDI)

Alexandre, la quarantaine, passe seul le réveillon dans son chalet perdu sous la neige. A la télévision, un reportage qu'il a tourné dix ans auparavant sur la Chine. Nostalgie. Le téléphone sonne. Méfiance mais la petite Alice qui est elle aussi seule saura l'approcher.

"Bleus de Chine" part d'une idée simple et peu originale, deux personnes seules pour le réveillon de la Saint Sylvestre, un homme de quarante ans et une petite fille d'environ dix ou douze ans qui, grâce au téléphone, se rencontrent, essaient de communiquer et d'oublier cette solitude. Au premier abord, on peut penser que la fillette a besoin de réconfort, c'est elle qui appelle, et qu'Alexandre lui en donne, mais en fait ils se soutiennent mutuellement, on peut même dire qu'Alice apporte une aide importante à Alexandre qui, par l'intermédiaire du reportage, revoit des amis décédés.

Ce reportage a une place importante dans le film, la télévision montre un autre point de vue avec une caméra vidéo. Ce point de vue nous renseigne en effet sur le personnage principal, c'est une aventurière, ce reportage fait partie intégrante de sa vie.

Le film nous décrit longuement le lieu où se trouve le protagoniste masculin, les plans extérieurs nous montrent le chalet perdu dans la neige et l'intérieur est décrit par des mouvements de caméra qui accompagnent Alexandre dans ses déplacements. Ce personnage a une identité, un passé avec le reportage, un visage, lorsqu'il est au téléphone : il y a de nombreux gros plans sur son visage, ses mains, alors que la fillette est inconnue, elle n'a pas d'identité. La première fois qu'elle téléphone, elle ne dévoile pas son vrai prénom. Puis, tout au long du film, on ne la voit jamais. Au début, des gros plans montrent des bandes dessinées puis un ours en peluche. C'est tout ce qu'on connaît d'elle. Le point de vue du film est celui d'Alexandre. Il ne rencontre jamais Alice, c'est pourquoi elle n'a pas de visage. A la fin du film, le spectateur a un point de vue différent. Il aperçoit la fillette.

L'idée de base du film n'est peut être pas très originale mais le scénario fonctionne bien. Le réalisateur évite les clichés de conversation téléphonique avec un écran divisé en deux grâce au reportage sur la Chine qui relie les deux personnages. Mais il ne trouve pas vraiment d'idée originale de mise en scène et se contente du champ contre champ durant tout le film. Du point de vue esthétique, le film est réussi, les éclairages sont très travaillés, les couleurs ont un rôle important. Au début du film, les extérieurs avec la neige sont dominés par la couleur bleue, ce qui a (peut-être) un rapport avec le titre "Bleue de Chine". Mais les bleus peuvent également être des hématomes qui signifieraient la douleur, la nostalgie qui s'empare d'Alexandre quand il regarde son reportage avec tous les souvenirs qui reviennent, son ami décédé, sa femme qui l'a quitté. La couleur bleue est également celle de la lumière de la télévision avec les reflets. L'intérieur du chalet est, lui, dominé par des couleurs chaudes, c'est un lieu chaleureux, avec un feu qui entraîne des couleurs jaunes, oranges. Il y a un jeu d'ombres et de reflets avec ces éclairages notamment avec des gros plans sur le visage d'Alexandre où une partie est éclairée en bleu avec les reflets de la télévision et l'autre en jaune avec les reflets du feu.

La bande son est, quant à elle, assez conventionnelle avec majoritairement des sons d'ambiance, le crépitement du feu, la télévision et au début du film une musique diégètique gaie venant d'un disque.

Nadège ,
 TerminaleL2
Lycée Blaise Pascal, Clermont-Ferrand