| Vingt-quatre chapitres structurent ce récit merveilleux en six parties dont on répartira la lecture dans le temps entre lectures magistrales et lectures individuelles des élèves. Dans la maison de ses oncle et tante au Kansas, Dorothée et son chien Toto sont emportés par un cyclone, qui les dépose dans un autre monde, le pays d’Oz. Le voyage de la fillette, ponctué de multiples rencontres, est motivé par son désir de retrouver au plus tôt sa tante qui, pense-t-elle, doit s’inquiéter de sa disparition. Elle fait connaissance avec les Grignotins, habitants du pays de l’Est, qui la remercient d’avoir, dans son atterrissage précipité, écrasé la méchante sorcière qui les opprimait. Elle chausse les souliers d’argent de celle-ci et, sur les conseils d’une petite vieille dame, se dirige vers la cité d’émeraude où elle pourra demander l’aide d’Oz. Dorothée se lie d’amitié avec les personnages rencontrés, l’épouvantail, le bûcheron de fer blanc et le lion qui tous ont une demande à faire au magicien d’Oz. Le premier désire un cerveau, le deuxième un coeur et le troisième souhaite devenir courageux. Puis commence le voyage semé d’embûches, d’obstacles à franchir, d’aides à requérir. Arrivés dans la cité d’émeraude, Dorothée et ses compagnons munis de lunettes vertes demandent à être reçus par le magicien. Un par un, ils sont admis dans la salle du trône devant Oz qui prend à chaque fois une nouvelle apparence physique. Il leur signifie que leurs requêtes n’aboutiront que s’ils s’allient pour tuer la méchante sorcière de l’Ouest. Grâce aux singes ailés et aux objets magiques emportés par Dorothée, ils satisfont à la demande d’Oz et reviennent au palais. Mais l’entrevue avec Oz s’avère décevante. Oz n’est pas le magicien qu’il prétend être. La résolution des problèmes personnels de chacun des personnages sera donc fonction du degré de croyance dans le pouvoir du magicien et de leur force personnelle acquise au cours de la quête. Le système des personnages est relativement complexe et les situations de lecture viseront à les repérer et à identifier leur rôle, transitoire ou permanent, conforme ou non aux attentes du lecteur. Ainsi, on s’attardera sur le personnage ambigu d’Oz qui se construit peu à peu aux yeux de Dorothée, comme à ceux du lecteur au fil des chapitres. On pourra s’appuyer pour cela sur de bonnes adaptations, comme celle éditée par Les Livres du Dragon d’or (ill. Santore) dont l’illustration favorise la compréhension du récit, et demander aux élèves de noter ce qui a fait l’objet de condensation ou de suppression dans le texte. La fiction se développe selon deux espaces-temps, l’un présenté comme réaliste – la vie à la ferme du Kansas –, l’autre relevant du merveilleux. De ce point de vue, le retour de Dorothée dans la vie réelle s’accompagne de la perte de ses attributs magiques. Les différentes scènes sont décrites avec force détails plastiques et sensoriels. Ainsi, on pourra demander aux élèves de représenter la cité d’émeraude décrite au chapitre 11 et la confronter à la description faite par Oz lui-même au chapitre 15. La fonction des lunettes vertes portées par les habitants leur apparaîtra alors plus clairement. Bien qu’on ne dispose que de deux versions illustrées (Santore et Zwerger) et des images du film de Victor Fleming, on comparera les productions avec les choix effectués par les artistes et on les discutera, ce qui pourra faire émerger une lecture symbolique de cette scène. Enfin, si les élèves ont été mis en situation de jouer le rôle du magicien et de résoudre les problèmes soumis par les différents personnages, un débat interprétatif s’engagera entre les élèves sur les mises en jeu et les choix opérés, à partir de la dynamique du texte, des références intertextuelles (le lion, roi des animaux) et du système de valeurs (le courage, avoir du coeur, être intelligent…) |