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Pat,
Mes
chers collègues,
Au
moment où je prends à l’inspection générale
le dossier Cinéma, c’est avec grand plaisir que je m’adresse
à vous par l’intermédiaire d’un site que je trouve
personnellement remarquable et qui est devenu pour la communauté
des enseignants de Cinéma un outil majeur.
Je
veux tout d’abord rendre hommage à Christine Juppé,
que j’ai eu, avec certains d’entre vous dont j’ai fait alors la
connaissance, la joie d’accompagner en juin dans ses dernières
semaines d’exercice. Découvrant chaque jour de façon
plus détaillée la richesse de ce dossier, je mesure à
quel point le charisme de Christine, sa compétence, son
enthousiasme, sa liberté, son grand attachement aux personnes
ont permis en quelques années des avancées décisives
et, je pense, irréversibles. En un mot, qui n’est pas qu’une
formule, Christine Juppé a inventé en France
l’enseignement du Cinéma, et l’histoire de l’école
retiendra cette double décennie fondatrice qu’elle a marqué
durablement de son talent.
A
nous désormais de faire vivre l’héritage et de
continuer la route ! Je veux être optimiste, car
l’histoire va dans notre sens : il est clair aujourd’hui aux
yeux de beaucoup, et même des décideurs, que les
enseignements artistiques contribuent pour une part essentielle à
la réussite scolaire et qu’ils ont une place de mieux en
mieux reconnue dans la formation humaniste des hommes et des femmes
de demain. Je veux aussi être réaliste : il faudra
cependant être constamment vigilant sur les principes propres
aux enseignements artistiques : l’articulation indispensable
entre théorie et pratique, et bien sûr le partenariat.
Vous pourrez compter sur moi pour veiller sur le respect de ces
principes.
Il
reste à faire. Dans un contexte budgétaire difficile,
il faudra avancer sur les problèmes de financement, réfléchir
aux conséquences du désengagement des Drac, de la
précarité de l’enseignement en option facultative. Il
faudra être particulièrement attentif aussi à la
façon dont nos cursus prendront place dans l’architecture du
nouveau lycée. Vous imaginez combien je m’emploierai à
faire valoir nos pratiques.
Il
nous faut enfin avoir de l’ambition pour l’enseignement du
cinéma, ouvrir des perspectives et des chantiers nouveaux.
Quelques pistes : bien arrimer le cinéma à
d’autres disciplines, pour le sortir de la marginalité dans
laquelle certains le cantonneraient volontiers, normaliser et
renforcer ainsi sa place au sein des établissements sans qu’il
perde pour autant sa spécificité. Profiter de l’arrivée
de l’enseignement de l’Histoire des Arts pour faire du cinéma
une authentique plate forme transdisciplinaire, appropriée à
une mise en œuvre réaliste d’un enseignement qui déroute
encore beaucoup de professeurs. Je compte sur votre engagement, dont
je sais la qualité, et sur votre créativité.
Nous
aurons à de multiples reprises l’occasion de nous
rencontrer : au festival de Sarlat, à Cannes, dans le
cadre des rencontres de l’association « Les Ailes du
désir », dans vos académies ou vos
établissements où je souhaite me rendre chaque fois que
je le pourrai. Ma charge est importante, puisque je pilote aussi le
dossier Théâtre. Mais le dossier Cinéma aura
toute mon attention. Puis-je le dire aussi : toute mon
affection. Non sans peine, dans des temps budgétaires
difficiles, j’ai réussi à obtenir l’assistance de
deux chargés de mission, qui oeuvreront à mes côtés
et je les remercie d’avoir accepté cette tâche et
cette collaboration. Françoise Savine d’abord, IA-IPR à
Versailles, et Renaud Ferreira, professeur en classes préparatoires
option Etudes cinématographiques au Lycée Jean-Pierre
Vernant de Sèvres.
C’est
un bien commun que nous laisse Christine Juppé. Il nous
appartient, ensemble, de le faire fructifier. C’est vous qui, au
quotidien, sur le terrain, le faites vivre. Pour cela, je vous redis
à tous ma confiance, et mon ambition de servir au mieux cet
enseignement auquel nous croyons.
Bonne
année à tous !
Patrick
Laudet
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