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De l’autre côté de la rampe...

Le lundi 18 juin 2007 par Isa Petiot

Michel Durantin, élève en terminale L théâtre en 1996, devenu comédien, est intervenu pour la première fois cette année au lycée, avec les deux classes de secondes et celle de première, de septembre à novembre 2006. Voici son bilan.

Le travail d’intervention auprès des classes de seconde et de première orientées section théâtre s’est déroulé comme suit :

· Décontraction : respiration, passage au sol, travail de la voix, chant, relaxation des muscles, du squelette, prise de conscience de l’ensemble du corps, concentration.

· Improvisation : sur des thèmes tels que marcher ensemble en occupant tout l’espace, prendre conscience de l’autre, le regarder, le sentir, l’éveil à l’écoute, au toucher, passage par deux sur la scène avec chacun une intention différente, un état, et se rencontrer, voir ce qui se passe, laisser grandir l’émotion, et transcrire, grossir les traits, le caractère, en allant du rire aux larmes, en passant par la colère, la faiblesse, la fatigue, l’énervement, la peur, etc.... tout ce qui semble susceptible d’être joué, se mettre en situation.

· Travail de la langue, de l’écriture au plateau :

Pour les classes de secondes : lecture des scènes (petites scènes à deux du répertoire contemporain d’auteurs tels que Jean-Yves Picq, Xavier Durringer) ou de petits monologues, puis rassembler les groupes de deux ou trois et le « donner » à entendre, l’interpréter dans différentes situations en essayant de comprendre ce que l’on dit et comment on le dit. Avec la classe de première, travail plus intense quant à la compréhension et l’interprétation d’une œuvre (celle de Bernard Marie Koltès, Quai Ouest ), travail de détail, de précision autour de plusieurs scènes à trois ou quatre, la disposition scénique, l’ambiance générale, l’état des personnages, leur identité, comment se rencontrent-ils, pourquoi, quel est leur parcours, le rapprochement caractère acteur, et la construction ou la mise en scène de chaque scène.

Chaque groupe a dû se confronter avec le questionnement permanent de l’acteur- actrice, face à un rôle, un caractère, l’invention d’un personnage, la recherche, la sincérité des sentiments, la transcription des états quant au public, l’amusement, le plaisir d’être en représentation tout en restant à l’écoute de ses partenaires.

Il faudrait, bien sûr, beaucoup plus de temps pour débattre, construire ou déconstruire une écriture, la tordre, s’épuiser dans l’improvisation jusqu’à ce que le jeu soit le plus sincère possible. Mais le travail fut une formidable approche de tout cela pour chacun des élèves, aussi bien d’un point de vue de concentration et d’écoute que de sensibilisation au domaine du jeu, de l’interprétation. Moi-même j’ai pris beaucoup de plaisir à « diriger » ces ateliers, qui, je pense, sont d’une très grande utilité d’un point de vue éducatif, car le caractère, la prise de position, le dialogue, le travail de la matière, et l’histoire (parce que rien du théâtre ne va sans histoire) sont essentiels à la formation d’un être en société. Parmi tous ces élèves, tous et toutes ne seront pas acteurs ni actrices, mais l’art de la scène aura sûrement changé leur perception du théâtre, et la prise de parole exercée dans ce métier leur permettra de mieux gérer leurs contacts, leurs travaux à venir.

Michel Durantin