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A- L’œuvre au programme
: texte du B.O. n°19 du 8 mai 2003
Perceval ou Le Roman du Graal de Chrétien
de Troyes suivi d'extraits des "Continuations" (éditions
Folio Classique).
L'étude de cette œuvre sera accompagnée
de lectures cursives d'œuvres ou de textes liés au mythe,
au choix du professeur.
B- Les objectifs retenus dans la séquence
proposée :
B1- Une œuvre dans son contexte historique.
La séquence vise une mise en perspective historique : la
place du texte dans son environnement politique et social, l’art
du livre au Moyen-Age (cf séance de TICE), la féodalité,
la chevalerie, la place de la femme. Cette approche pourra être
complétée à partir d’une étude
lexicale portant sur les termes médiévaux liés
à des faits de civilisation. De même, le texte en ancien
français sera mis en relation avec plusieurs traductions,
mais également considéré en lui-même,
dans la souplesse de sens qu’offre l’idiome roman.
B2- Une œuvre comme « modèle
»
Le Conte du Graal est un « grand modèle français
», ayant donné naissance à des « Continuations
», en raison du caractère fascinant que la quête
du Graal a exercée sur les générations ultérieures.
Jean Frappier a recensé les ver-sions françaises de
la « littérature du Graal » (op.cit. p. 13, voir
Bibliographie).
Ainsi, « la littérature devient réservoir de
schèmes collectifs de pensée, de sensibilité
et de représentations. » (Documents d’accompagnement
pour la littérature en Terminale L , p.20)
On amènera donc les élèves à prendre
connaissance de certains de ces textes en lecture cursive, dans
le cadre des lectures périphériques proposées.
Aux textes répertoriées, qui appartiennent au cycle
du Graal, peuvent s’ajouter d’autres romans de Chrétien
de Troyes formant la « matière de Bretagne »,
cycle arthurien comprenant les romans de la Table ronde et le cycle
du Graal. D’autre part, on élargira la réflexion
à la relation du texte et de l’image (les enluminures)
mais aussi à des versions modernes de l’aventure de
Perceval : le film d’Eric Rohmer, le film de John Boorman,
et le livre de Julien Gracq (Le Roi pêcheur).
B3- Une œuvre
devenue mythe
« Les spécialistes s’accordent pour voir dans
le mythe une histoire symbolique, simple et frappante, possédant
une forme narra-tive où l’action des personnages s’inscrit
dans un ordre chronologique. Sans exposer rien de scientifique et
de démontrable, il permet à l’homme de cerner
sa situation au sein de l’univers. » (Documents d’accompagnement,
p.26)
Les Documents d’accompagnement montrent ensuite que l’opposition
de principe entre le mythos et le logos, héritée de
la République de Platon, peut être surmontée
par l’accès, au moyen du mythe, à des notions
philosophiques, « des concepts et des réalités
difficilement intelligibles », car le mythe « touche
au plus profond de la sensibilité et de la conscience humaine.
»
Le Conte du Graal est un chef-d’œuvre, parce qu’il
dépasse l’imaginaire du simple récit «
pour énoncer ce qu’il en est de la structure essentielle
du sujet humain. » (Henri Rey-Flaud). Ce texte doit être
étudié comme mythe parce que, au-delà des accidents
narratifs, dans la structure profonde du texte (réseaux signifiants,
symétries, métapho-res…) sont engagées
des questions essentielles : peut-on atteindre le bonheur sans le
manquer ? quelle part faut-il accorder au social dans la place de
l’homme dans le monde? Quelle est notre rapport à la
Parole ? Quelle est la place de l’amour dans la quête
de l’Autre et de soi? Qu’y a t’il d’essentiel
dans notre relation à l’Autre ? Ces enjeux transcendent
les époques, et définissent le fond(s) de la condition
humaine.
C – Les formes
d’étude
C1- Pour approcher le texte dans son univers culturel et
historique :
· Etude lexicale portant sur les termes médiévaux,
notamment les termes du champ lexical de la vassalité (valet,
seigneur, vavasseur, prud’homme…), de la femme (demoiselle,
dame, pucelle…), du cheval (cha-ceor, destrier, palefroi,
haquenée, roncin…), de la religion et de la piété
(ermite, moutier…). Voir égale-ment : les termes répertoriés
par Jacques Ribard dans sa traduction des éditions Champion.
· Mise en relation du texte original en ancien français
avec plusieurs traductions. Travail sur des fragments du texte original
en lecture analytique, pour faire valoir la puissance d’évocation
de certains passages.
· Thèmes sociaux et politiques : la chevalerie, à
partir de la lecture comparative de plusieurs passages (les combats
de Perceval et de Gauvain) – les femmes (étude lexicale
+ fiche de synthèse) – la féodalité (cours
d’introduction) – l’art du livre au Moyen-Age
(recherche en TICE).
C2- Pour approcher le texte comme modèle
:
· Des lectures périphériques et de mise en
relation avec le Conte du Graal de Chrétien de Troyes (guide
de lecture donné aux élèves) : 1- Les Continuations
de l’édition Folio 2- D’autres ouvrages du XIII°siècle,
en extraits, et/ou en lecture cursive longue, reprenant le thème
de la quête du Graal (voir bibliographie jointe) 3- une version
moderne de la quête du Graal, Le Roi pêcheur, et Au
château d’Argol, de Julien Gracq.
· Etude filmique : comparaison de deux extraits filmiques,
tirés de Perceval le Gallois, d’Eric Rohmer, et Exca-libur,
de John Boorman.
C3- Pour approcher le mythe par la structure
profonde du texte, « conjointure et sen » (1):
· Une fiche de synthèse, « la composition du
récit », à partir des codes symboliques organisateurs,
et les échos possibles au sein de l’œuvre.
· Des lectures analytiques de passages-clefs, faisant valoir
l’importance des situations, de l’engagement des relations
humaines, la quête du bonheur et de la Femme, le rapport à
la Parole (centrale dans l’œuvre). Pas-sages retenus
: le Prologue, le sang sur la neige, la cérémonie
du Graal chez le Roi pécheur, la rencontre de Guiromelan
au Gué périlleux, le Château des Reines.
· Une autre fiche de synthèse : la Parole.
(1)
« conjointure », selon Jean Frappier (op.cit.) : un
des mots-clefs de l’art de Chrétien. Il signifie l’agencement
de l’intrigue, l’organisation de la matière,
du sujet, en fonction du sens. Le « sen » renverrait
plutôt aux significations profondes, métaphoriques
ou symboliques, aux différents échos dans l’œuvre
qui mettent en œuvre sa poésie.
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