Sujet
: Vous montrerez que l’ouverture internationale peut influer sur le niveau des emplois et qu’elle modifie leur nature dans les pays développés à économie de marché.France métropolitaine Septembre 1998
Travail préparatoire
En 1993, en Corée du Sud, un salarié de l’industrie coûtait un peu plus de 5 dollars de l’heure, en moyenne, à son employeur.
De 1988 à 1994, l’impact annuel du commerce extérieur de la France avec la Grande-Bretagne sur l’emploi en France est demeuré positif sans exception. On peut distinguer très nettement deux périodes à l’intérieur de cet intervalle. Le solde des emplois annuel créés par le commerce a décru régulièrement de 1988 à 1991, passant d’environ 60 000 à 20 000. L’évolution inverse s’est ensuite produite de 1991 à 1994, année au cours de laquelle on évalue à 70 000 le nombre d’emplois créés en France grâce au commerce avec la Grande-Bretagne.
Dans un contexte concurrentiel dont l’apparition est favorisée par l’ouverture des économies, les entreprises recherchent une amélioration de leur compétitivité et en particulier de leur compétitivité-prix. Celle-ci désigne la position qu’occupent les prix d’une entreprise au regard de ceux de ses concurrents. Plus ses prix seront bas, plus (à qualité égale) elle sera réputée compétitive.
Pour être compétitive en termes de prix, l’entreprise, outre le fait qu’elle puisse réduire sa marge bénéficiaire, doit produire à un coût unitaire suffisamment bas. Pour ce faire, elle peut agir sur plusieurs types de dépenses : consommations intermédiaires, investissements et main d’œuvre.
Si pour bénéficier de coûts de main d’œuvre plus bas, l’entreprise choisit de délocaliser une ou plusieurs unités de production à l’étranger, des emplois seront supprimés sur le territoire où les activités de production étaient initialement situées.
La faiblesse du coût du travail dans les PED est également susceptible de rendre les importations en leur provenance moins onéreuses que les produits nationaux. La réduction de la part de marché des entreprises nationales qui peut en découler affecte l’emploi.
La délocalisation peut provenir d’autres motifs que celui de la faiblesse du coût salarial.
D’autres motifs liés aux coûts peuvent être à l’origine de la décision. Il peut s’agir de l’existence d’une fiscalité plus avantageuse (imposition plus faible).
Parallèlement au coût horaire salarial, l’entreprise doit aussi considérer la productivité du travail et s’assurer que pour une masse salariale donnée, elle obtiendra une quantité de produits significativement plus élevée.
L’accès à un marché étranger peut aussi motiver la délocalisation. En effet, la présence dans un pays facilite la pénétration de ses marchés. La connaissance en est meilleure, les contacts et les négociations sont plus faciles
On peut considérer que le contournement des barrières douanières (s’installer sur place pour éviter les obstacles tarifaires et non tarifaires) et la réduction des frais de transport sont deux motifs de délocalisation ressortissant à la fois à la volonté de réduire les coûts et à celle d’accéder à un marché.
Deux mécanismes évoqués dans le document doivent être distingués.
Dans le premier, la création d’emploi en France semble découler incidemment d’une délocalisation liée à la faiblesse des coûts. En effet, S. Allemand met d’abord l’accent sur le développement des marchés domestiques dans les pays qui accueillent des entreprises étrangères sur leur sol. Il est fait référence implicitement aux effets des dépenses des entreprises étrangères en salaires auprès de la population locale recrutée et en commandes aux fournisseurs locaux pour les approvisionnements par exemple (ces derniers versant eux-mêmes des salaires à leur personnel). Dans ce cas, les salaires et les bénéfices procurent du pouvoir d’achat à la population dont il faut s’attendre à satisfaire la demande solvable. On doit cependant indiquer que plusieurs cas de figure peuvent se présenter dans cette approche. Il se peut que la France trouve des débouchés à sa production par la satisfaction de cette demande. Mais il se peut aussi que cette demande ne soit pas captée par des entreprises françaises mais plutôt par d’autres entreprises étrangères voire nationales.
Ensuite, que " les délocalisations s’effectuent le plus souvent vers des pays de niveaux de développement comparables ", et sous-entendu développés, renvoie à l’objectif univoque d’accéder à un marché étranger. D’une part, les échanges entre une filiale étrangère et des unités de production françaises sont le support d’emplois en France. D’autre part, la France en tant que PDEM peut accueillir des entreprises étrangères d’autres PDEM (par exemple Toyota à Valenciennes en 1998 sauf erreur) ce qui conduit à la création d’emplois en France.
6. Expliquez le passage souligné. (document 4)
Le fait que des produits soient fabriqués à l’étranger à un coût moindre en raison d’une main d’œuvre relativement bon marché, permet de les vendre à un prix plus bas que s’ils avaient été fabriqués dans un pays développé. Les travailleurs qualifiés (des pays développés) disposant de bons salaires y compris au regard de ceux en vigueur sur leur territoire profitent alors doublement d’un fort pouvoir d’achat s’ils consomment des produits importés.
Question de synthèse :
Introduction, plan détaillé et conclusion
En 1993, l’usine de Hoover fabriquant des aspirateurs près de Dijon annonce le transfert de ses activités de production vers l’Ecosse où le groupe américain possède déjà une usine. Les suppressions d’emplois et les motifs de cette restructuration accroissent l’inquiétude de la population en cette année de récession.
Cette affaire relance en France, s’il en était besoin, la question des répercussions sur l’emploi dans les pays développés à économie de marché (PDEM) de l’ouverture internationale. Le vocable peut-être considéré dans un sens plus ou moins large. Premièrement, il renvoie aux échanges de biens et services dont les montants comparés à ceux des PIB s’accroissent plus vite. Il en résulte une élévation des taux d’ouverture (Exportations + Importations /2 /PIB x 100). Deuxièmement, en raison de l’internationalisation de la production, fait essentiellement des firmes mutinationales comme Hoover, l’ouverture internationale fait référence aux investissements directs à l’étranger (IDE). Dans le même temps, une ouverture plus large s’effectue en raison de la circulation des technologies et des savoir-faire.
Par la détermination de la localisation des activités de production, par la spécialisation qu’elle produit dans un contexte concurrentiel, l’ouverture internationale influe sur le niveau d’emploi de chaque pays développé ainsi que sur la nature des emplois que l’on y trouve. Ces deux points seront examinés successivement.
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I – L’ouverture internationale peut influer sur le niveau d’emploi
A – L’influence du commerce extérieur sur le nombre d’emploi
B – Les investissements directs à l’étranger (IDE)
Les IDE (à définir) peuvent procéder de la croissance d’une entreprise, il s’agit alors de l’implantation de nouvelles unités de production ou de délocalisations, il s’agit alors du transfert d’une unité de production déjà existante. Plusieurs motifs peuvent être à l’origine des IDE nouvelles implantations ou délocalisations (cf. document 3 et réponse à la Q4). Selon les motifs les IDE auront tendance à se traduira par des créations d’emploi ou par des destructions d’emploi dans les pays originaires des IDE.
II – L’ouverture internationale peut influer sur la nature des emplois dans les PDEM
A – Le rôle du commerce dans la spécialisation
Dans un cadre théorique (classique) où les facteurs de production ne sont pas mobiles entre pays.
B – Ouverture internationale et niveau de qualification dans les PDEM
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L’ouverture internationale influence donc le niveau d’emploi dans les PDEM à travers le solde du commerce extérieur, la nature des biens importés et les divers IDE. Il résulte de ces mouvements, une spécialisation dont le contenu évolue dans un contexte concurrentiel ce qui modifie la nature des emplois dans les PDEM.
Finalement, la course perpétuelle qui met en compétition les pays entre eux vise à l’obtention ou à la conservation d’avantages concurrentiels se traduisant par la spécialisation dans les produits à forte valeur ajoutée. Si les PDEM disposent d’une large avance dans cette course, il n’est pas sûr qu’ils ne puissent être rattrapé par de nouveaux pays industrialisés à long terme.
FP, mai 200, en fonction de l'avancement en cours