Classification
Nom scientifique
: Clytra laevisucula
Insecte
Coléoptère (groupe d’insectes avec des ailes antérieures transformées
en élytres formant une carapace sur le dos).
Famille des chrysomèles : dans cette famille, on trouve des insectes
connus comme le doryphore, le « crache-sang » ou les criocères.
Il existe plusieurs espèces de clytres très proches dont deux très
communes : le clytre des saules (présenté ici) et le clytre à
quatre points (Clytra quadripunctata).
Identification des deux espèces de clytres les plus fréquemment
rencontrées :
- tache noire dans la partie inférieure des élytres étroite, ronde, et
éloignée des bords : clytre à quatre points
- tache noire dans la partie inférieure des élytres large et touchant les
bords : clytre des saules.
Ne pas confondre avec :
- les coccinelles rouges à points noirs : elles ont une forme plus arrondie et plus bombée alors que les clytres sont cylindriques ; le comportement est différent : les coccinelles sont bien plus actives que les clytres mais elles peuvent elles aussi « faire le mort » quand on les saisit !
La coccinelle à sept points ressemble grossièrement au clytre des saules.
- les clytes : ces insectes ne ressemblent pas du tout aux clytres mais les noms peuvent prêter à confusion ; ce sont eux aussi des coléoptères mais du groupe des longicornes ; ils ressemblent à des guêpes par leur coloris
Le clyte bélier (Clytus arietis) est un longicorne fréquemment observé sur les fleurs des jardins.
Milieux de vie
Le clytre des saules est un insecte commun dans toutes sortes de milieux avec une préférence pour les lieux ensoleillés près des eaux (mais pas nécessairement) : friches, prairies, haies, … Il fréquente
volontiers les jardins … si on y respecte l’environnement et s’il dispose d’espaces un peu sauvages.
Le clytre à quatre points est plus répandu et fréquente volontiers les zones urbaines, les espaces verts, les jardins ; on l’observe le plus souvent sur les aubépines où, certaines années, il peut apparaître en grand nombre.
On observe les adultes de mai à août ; le plus souvent, ils sont installés sur des feuilles qu’ils dévorent. Les clytres sont strictement
végétariens comme la plupart des membres de la famille des chrysomèles.
Dans les jardins, on peut aussi observer des clytres adultes sur des fleurs.
Une forte communication vis-à-vis des prédateurs
Le comportement de ces insectes est très caractéristique et permet de les reconnaître facilement tout autant que leur coloration : ils sont
mous et lents. Il est donc très facile de les observer, de les approcher pour les photographier ou de les capturer. Leur vol est très lourd et un peu maladroit.
Si on les saisit dans la main, ils « font le mort » en repliant leurs pattes ; ce comportement leur permet d’échapper aux prédateurs éventuels.
Comme la plupart des chrysomèles, leurs couleurs vives les rendent très faciles à repérer même de loin dans leur environnement de verdure. On pourrait penser qu’une telle coloration les rendent très vulnérables vis-à-vis des prédateurs tels que les oiseaux, surtout compte tenu de leur lenteur. En fait, ils ne sont que très peu capturés ou attaqués car
leur corps contient des substances amères et âcres : si on oiseau essaie de manger un clytre, il va vite le rejeter et apprendra vite à l’éviter.
Les couleurs vives constituent donc un signal d’avertissement pour les prédateurs : « inutile de s’attaquer à moi car je suis immangeable ».
De tels signaux de communication destinés à d’autres espèces, prédateurs potentiels, sont qualifiés de signaux d’avertissement ou
signaux aposématiques. Les couleurs vives (souvent du rouge) sont qualifiées de
pré monitrices. On remarque que l’on retrouve le même type de couleurs chez les coccinelles qui, elles aussi, ont un goût désagréable répulsif.
Le clytre et les fourmis ou l’histoire étonnante de la reproduction d’un insecte banal
Pour se reproduire, les clytres ont en effet besoin de la présence de nids de fourmis (fourmis rousses appartenant au genre Formica)
Après l’accouplement, la femelle pond ses œufs un par un en s’accrochant à une herbe, pendue au-dessus du vide, au-dessus d’un endroit fréquenté par des fourmis. Elle enrobe chaque œuf d’un mélange de sécrétions et d’excréments à l’aide de ses pattes postérieures. Le résultat ressemble à une minuscule pomme de pin toute hérissée d’écailles de 1 à 2 mm de long. Puis, elle laisse tomber cet œuf « pré-emballé » par terre.
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Femelle de clytre en pleine préparation de son œuf entre ses pattes postérieures !
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Les fourmis qui circulent trouvent cet œuf et le prennent pour quelque chose à manger et, comme elles savent si bien faire, elles emmènent l’œuf dans la fourmilière.
L’œuf éclot à l’intérieur de la fourmilière et donne une larve en forme d’asticot qui garde son enveloppe comme protection. Elle se nourrit de toute sortes de débris qu’elle trouve dans la fourmilière mais peut aussi consommer des œufs ou des larves de fourmis. Si elle est attaquée par les fourmis, elle se rétracte à l’intérieur de son abri et attend que les fourmis se calment.
La larve grandit par mues successives et agrandit au fur et à mesure son « étui » en ajoutant des débris et des grains de sable. Sa
croissance peut être très lente car elle peut rester des mois sans manger sans que l’on sache bien pourquoi elle jeûne ainsi. Finalement, le développement complet jusqu’à la métamorphose peut demander de deux à quatre ans !
Chaque hiver, elle se renferme dans son étui en bouchant l’entrée avec de la terre et
hiberne au cœur de la fourmilière.
Quand elle est prête à se métamorphoser, en fin d’automne, la larve migre vers la partie supérieure de la fourmilière : là, elle se transforme en
nymphe immobile toujours à l’intérieur de son étui.
Au printemps suivant, la nymphe éclôt et donne naissance à un adulte qui émerge de la fourmilière.
Ce comportement reproducteur si particulier associé aux fourmilières n’est pas si rare que l’on croit et se rencontre chez divers autres Coléoptères comme les Cétoines.
Pistes pédagogiques
Programme de 6ème
Les clytres étant des insectes assez communs (surtout certaines années), on pourra les observer dans des espaces verts surtout s’il y a des haies d’aubépines ; on les observe surtout en fin de printemps (mai-juin) et très peu en début d’automne. On a donc peu de chances de les rencontrer au moment de la découverte de notre environnement. On pourra les intégrer dans une
collection d’animaux à classer (partie transversale E) comme exemple de Coléoptères.
On peut aussi, après avoir étudié la classification dans laquelle on avait intégré déjà un exemple de coléoptère (en général une coccinelle ), demander de placer cet animal à partir des photos.
On peut aussi demander de proposer des caractères distinctifs entre le clytre des saules et la coccinelle à sept points (activité Identification).
A partir de la fiche fournie ci-dessus (partie sur la reproduction), on peut demander de
reconstituer le cycle de vie de cette espèce au cours des saisons.
Enfin, on peut demander à un élève de préparer un mini exposé à partir d’une photo de femelle en train de pondre pour raconter oralement la reproduction de cet animal comme exemple de relations entre êtres vivants en s’appuyant aussi sur l’enregistrement audio.