académie de clermont ferrand

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Les lézards verts



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Sommaire :
Bibliographie :

Guide des reptiles et batraciens de France. J. Fretey. Ed. Hatier. 1975.
Tous les reptiles et amphibiens d’Europe en couleurs. E.N.Arnold et J.A. Burton ; Ed. Elsevier ; 1978.
Guide point vert. Les reptiles de France : tortues et lézards. J.Fretey. Ed. Hatier. 1986



Portrait




Gros plan d’un lézard vert : on notera le tympan noir et les écailles en forme de perles.


Longueur du corps : jusqu’à 13cm (queue non comprise) : le plus grand des lézards d’Auvergne
Ventre : plat avec plusieurs rangées d’écailles ventrales (une seule rangée chez les serpents).

Queue longue et fine en forme de fouet, deux fois plus longue que le corps.

Tête : courte et large (surtout chez les mâles) ; museau court ; pli de peau marqué au niveau de la gorge ; tympan bien net (membrane qui ferme l’ouverture de l’oreille : il n’y a pas d’oreille externe) ; mâchoires pourvues de petites vdents ; yeux avec des paupières mobiles transparentes (ce qui est une différence avec les serpents, proches parents des lézards)

Pattes : 5 doigts par patte ; griffes pointues ; pattes postérieures plus développées ; à l’intérieur des cuisses des pattes postérieures, il y a une rangée d’orifices, les pores fémoraux.

Peau sèche, couverte de petites écailles comme des perles. Le lézard vert mue une fois par mois environ : la mue est en lambeaux et non pas entière comme chez les serpents.

Coloration : très variable mais à dominante verte. On rencontre deux grands types de couleurs : certains portent des bandes brunes en long et d’autres sont vert uni.
Les mâles sont presque complètement verts avec de fines taches noires dessus ; souvent, ils ont la gorge bleu vif.
Les femelles sont plus variables en couleurs : elles peuvent être vert uni mais aussi tachées de brun ou avec des lignes claires sur le dos.
Les jeunes de l’année sont souvent beige uni, tacheté de brun clair.


Espèces proches et Identification

Deux autres espèces à dominante verte vivent en France : le lézard ocellé (dans le Midi) et le lézard des souches.
Tous les trois (avec le lézard vert) se distinguent par leur aspect robuste, la tête assez grosse et par al coloration verte au moins sur le dos ou sur les flancs.

Critères d’identification des trois espèces.

LEZARD OCELLE : Grande taille (longueur sans la queue jusqu’à 20cm) ; lézard très robuste ; souvent des points bleus très visibles sur les flancs ; iniquement Midi de la France (absent en Auvergne)

LEZARD DES SOUCHES : taille moyenne (jusqu’à 9cm pour le corps) ; aspect lourdaud avec des pattes courtes : allure maladroite ; la couleur verte est limitée aux flancs (le reste est brun) ; présent en Auvergne

LEZARD VERT : taille allant jusqu’à 13cm ; grand et d’allure fine ; très agile et rapide ; couleur verte étendue sur une bonne partie du corps.

Attention : les jeunes ont des colorations souvent très différentes des adultes avec des taches noires ; les jeunes lézards ocellés ont ainsi des anneaux noirs remplis de blanc sur tout le corps !




Jeune lézard vert d’un an avec une coloration très différente des adultes


Milieu de vie et Répartition

Recherche la végétation buissonnante dense : les sous-bois clairs, les haies, les lisières de bois et les bordures de champs, les fourrés de ronces, les remblais et talus recouverts de végétation dense.

Il recherche systématiquement les zones exposées au sud et a besoin de chaleur. Il monte en altitude jusque 1800m à la faveur des versants sud.

On le rencontre dans la plus grande partie Europe ; au nord, il atteint les îles anglo-normandes mais est absent de Grande-Bretagne ; vers l’Est, il atteint la vallée du Rhin à la faveur des coteaux exposés favorables aux vignobles.
Au sud, on le rencontre jusqu’en Espagne du nord, en Sicile et en Grèce ; il est nettement plus rare dans le Midi où il est remplacé par le lézard ocellé ; il y est localisé dans les zones humides, plus fraîches.


Régime alimentaire

Il se nourrit surtout de petits animaux : des insectes et leurs larves, des araignées, des vers de terre.
Il mange parfois des petits fruits juteux et sucrés et peut, mais très occasionnellement, piller des nids d’oiseaux pour dévorer les œufs et les jeunes (il grimpe très facilement dans les arbres).


Mode de vie

Le lézard vert grimpe volontiers aux arbres ou sur les buissons pour chasser mais aussi pour mieux profiter des rayons du soleil.

Longévité : 6 ans et plus

Chasse dans végétation touffue ; grimpe très bien et se tient souvent perché sur une grosse branche basse ou sur un buisson ; nage ; court très vite.

Se montre à découvert pour se chauffer, surtout le matin et le soir.
Fuit à la moindre alerte : on l’entend souvent (bruit de feuilles sèches) avant de le voir ; il est très craintif ; parfois, il reste immobile malgré un grand danger et on peut alors l’approcher très près !
En cas de danger, il cherche refuge au cœur des buissons ou s’enfile dans un terrier de rongeur ou qu’il a creusé lui même.

Température du corps variable en fonction de la température extérieure : a besoin d’emmagasiner de la chaleur pour être actif comme tous les lézards.
Animal hibernant : il s’engourdit vers le mois de novembre dans un terrier ou à l’intérieur d’une souche pourrie ou sous un tas de débris végétaux morts.
Dès les premiers beaux jours en février, il sort (surtout les mâles) et se chauffe alors longuement au soleil mais ne se nourrit pas. L’activité reprend vraiment à partir du mois d’avril.

Nombreux prédateurs naturels : - les chats dans les jardins tuent beaucoup de lézards verts ; certains chats domestiques se spécialisent même sur les lézards et font des hécatombes.
- parmi les rapaces diurnes, le circaète jean-le-blanc est spécialisé dans la capture des lézards et des serpents ; il pratique le vol sur place en l’air pour les repérer avant de se laisser tomber du ciel. Ce grand rapace (de la taille d’un aigle) est présent en Auvergne dans les vallées chaudes et bien exposées.


Reproduction

La maturité sexuelle est atteinte vers l’âge de 2 ans.

Période de reproduction en avril mai : les mâles se livrent alors de sauvages combats pour la possession d’une femelle ; ils peuvent alors s’infliger des morsures violentes jusqu’à la mort : on dirait des chats qui se battent !

Accouplement : le mâle saisit entre ses dents la base de la queue de la femelle ; il la tient ainsi très fort ; il peut mordre si fort qu’il arrive à blesser grièvement la femelle !
Ses pores fémoraux (voir portrait) fabriquent un liquide gras qui empêche le glissement au moment de l’accouplement. Le mâle possède un organe d’accouplement « double » appelé hémipénis.

La femelle pond en mai dans un trou creusé à faible profondeur dans le sol (15-30cm) ou sous une pierre ou dans un tas de feuilles.
Œufs : de 5 à 20 (animal ovipare) ; blanchâtres ; « coquille » souple ; forme ovale allongée : longs de 1 à 2cm. Eclosion au bout de 2-3 mois : c’est la période d’incubation naturelle par la chaleur du soleil (la femelle ne s’occupe pas du tout des œufs après la ponte).

Ponte de lézard vert déterrée involontairement en bêchant une parcelle en friche.


Rapports avec l’Homme

Selon les régions, le lézard vert reçoit de nombreux surnoms en « patois local » : verdale ou verdagri ; verdre ; laver ; verdelet ; guilleret, guillenvert ; …

Le lézard vert mord si on le prend dans la main : il pince très fort mais sa morsure n’est absolument pas dangereuse ; il faut lui chatouiller la gorge pour lui faire lâcher prise !

A la campagne, on l’accuse souvent d’être venimeux ce qui est totalement faux. Cette croyance tient sans doute au fait qu’il mord pour se défendre.


Statut

Espèce commune dans les endroits favorables. Nombre de ses habitats préférés sont détruits : haies, friches, .. par la mise en culture ou la construction de maisons.
Les reboisements à grande échelle lui sont défavorables car il n’y trouve plus assez de lumière et de chaleur.

Au jardin ou dans un espace nature, on peut favoriser la présence du lézard vert de différentes manières car cette espèce tolère très bien la présence humaine et s’adapte même à la ville :
- installer des grosses pierres ou des souches sur lesquelles il pourra se chauffer
- planter des végétaux bas buissonnants mais laisser des espaces ouverts sans végétation
- prévoir un espace nu avec du sable et des cailloux où il pourra pondre
- limiter l’accès des chats, prédateurs redoutables des lézards
- créer une rocaille exposée au sud ou un mur de pierre sèche
- n’utiliser aucun pesticide
- aménager d’anciennes carrières ou sablières en espace nature : ce sont des milieux de vie idéals pour le lézard vert.


Pistes pédagogiques

6ème :
- Classification animale : repérer les attributs.
- Identification : les autres espèces de lézards « verts ».
- Hibernation.


EEDD :
- Favoriser la présence du lézard vert : espace nature.




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